Le Livournais Francesco Domenico Guerrazzi fut l’une des figures de proue du Risorgimento.
Ecrivain engagé et « rabbioso » il fut notamment l’auteur des romans historiques : « La battaglia di Benevento »
dédicacé à Angelica Bartolomei née Palli (1),
« L’assedio di Roma » où il exalte l’épisode romain de la geste garibaldienne.
Homme d’action, il fit partie avec Mazzini et Montanelli du triumvirat qui gouverna la Toscane (1848 – 1849).
Il partagea les idées anti-papistes de
Garibaldi et l’hostilité du général à l’égard de la politique volpina de Cavour, celui qui céda Nice à la France.
La Corse où il fut exilé de 1853 à 1856 lui inspira plusieurs livres (« La torre di Nonza », « La storia di un moscone »,
et le célèbre « Pasquale Paoli ossia la rotta di Ponte Nuovo ».) Ce dernier roman historique fut publié en 1860.
Sa réédition en 1864 fut précédée d’une dédicace
à Giuseppe Garibaldi, le héros de l’expédition des Mille, obsédé par la reconquête de Rome et de Venise.
Francesco Domenico Guerrazzi lui rappèle le legs de Benjamin Franklin à George Washington :
« Un bastone di sorbo selvatico »(2) en précisant que ce bâton n’est pas fait pour la promenade,
mais pour bastonner ceux qui s’imaginent que c’est en mendiant que l’on fera l’unité de l’Italie.
Rappelant la dédicace que fit Vittorio Alfieri de sa tragédie « Timoleone » au général Paoli, F.D. Guerrazzi considère que
Garibaldi est plus grand que le Paoli qui crut « Provvedere alla Patria e a la Liberta con l’aiuto straniero ». Catégorique,
le livournais énonce : « La somma Providenza ha ordinato, che dalle mani dei Tiranni e degli Stranieri altro non possa uscire
eccetto odio, fraudi e catene. »
Sa recommandation à Garibaldi est formelle : Si le général veut rester « Una speranza d’Italia »
il ne doit compter que sur ses propres forces (fare da sè) et non pas sur l’appui de l’étranger, ce qui fit
pour Guerrazzi la faiblesse de Paoli.
Telle est la leçon qu’il tire de l’échec de Pasquale Paoli.
Marie-Jean Vinciguerra
(1) Voir l’article sur Angelica Palli, chantre de Pasquale Paoli dans « A Nazione » N°2.
(2) Trad : Un bâton de sorbier sauvage.