Ces deux mots de mon titre sont deux mots latins et ils sont en même temps le titre d’une loi anglaise votée au dix-septième siècle. Une loi anglaise porte donc ce titre parce
que selon l’usage de ces temps, un texte s’intitulait par ses deux premiers mots comme l’usage en est resté pour les Bulles Papales.
Ils veulent dire ces deux mots « ait ton corps » ou, pour le dire encore plus clairement, « reste maître de ton corps ».
Le sens de cette loi est clair, il signifie que personne ne peut être mis en prison sans avoir été condamné par un tribunal.
Elle s’oppose, il est facile de le comprendre, à une « lettre de cachet » qui permettait au Roi de mettre sous clef quiconque
l’avait offensé ou plus simplement encore lui avait déplu sans même chercher à expliquer ses raisons. De procès à l’époque,
on n’en parlait même pas. Les Anglais l’ont faite sans avoir besoin de renverser la Tour de Londres ni aucune autre forteresse.
Les Anglais, il faut le remarquer, ont toujours un sens pratique qui leur donnait la possibilité de faire des réformes sans répandre
des flots de sang.
Et cela bien avant les Français qui se prétendent les champions de Droits de l’Homme
La signification de ces mots est vraiment entrée dans le sentiment populaire là-bas au point que s’il arrive d’avoir à aller
contre l’habeas corpus (criminel dangereux ou qui peut s’échapper en terre étrangère) le tribunal doit s’en expliquer..
Là-bas sur cette terre du droit, où règne un véritable « état de droit », il n’y a pas lieu de voir
une cinquantaine de personnes enfermées avant d’être jugées et d’y rester jusqu’à ce que quelque saint ne prie pour eux.
Parce que les « lettres de cachet » ont encore cours en France surtout quand elles émanent d’un tribunal d’exception.
Là-bas, il n’est pas besoin de faire intervenir un candidat à la députation pour que la loi soit assurée.
Et c’est cela qui, pour peu qu’on y réfléchisse, constitue une vriae condamnation de l’Institution Juridique.
Et certains candidats, une main sur le cœur, promettent d’intervenir comme il promettraient d’intervenir pour une place de
cantonnier alors qu’ils ne font qu’intervenir pour faire respecter la loi et la loi seulement.
Là-bas, en Angleterre, il y a une presse vraiment libre et qui est toujours prête à faire respecter sa liberté.
Francescu Perfettini