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Articulu di u numaru 7, Sittembre di u 2007


Traduzzione

la solution portuaire de Bastia pour les pêcheurs



A Nazione: La CTC projette de modifier l’actuel port de commerce de Bastia et propose deux projets : agrandir le port actuel ou bien construire un nouveau port à la Carbonite. Pour lequel de ces projets êtes-vous favorable ?

Gherardu Romiti:
La profession des pêcheurs est contre la construction d’un nouveau port à la Carbonite. Nous nous rattachons au Collectif Port Bastia et nous préconisons l’agrandissement du port existant. Nous suggérons l’allongement de la digue Est de 250m orientée Sud Est. Cette digue présente plusieurs avantages : elle protégerait et sécuriserait des intempéries dominantes (rafales de Nord-Est) tout le bassin du port de Commerce ainsi que le bassin du Vieux Port se situant en-dessous du jardin Romieux et qui n’est pas exploité ! Une longueur de 250m permettrait d’accueillir pendant les deux mois d’été quelques super ferries, et aménager un espace terrestre suffisant pour assurer toute la logistique des déplacements des fluxs.


A.N.: Cette solution vous apparaît économiquement plus viable?

G.R.:
Très certainement. Le budget de la CTC n’a pas prévu suffisamment de crédits pour assurer un projet si lourd (environ 300 millions d’euros). L’allongement de la digue serait bien plus rationnel et occasionnerait une meilleure utilisation des fonds publics. Assurer la sécurité du Port de Commerce tout en lui donnant une perspective de croissance maîtrisée, voilà une solution raisonnable et adéquate pour la Corse.

Par-ailleurs, l’allongement de la digue servirait aussi au développement du Vieux Port. En le sécurisant, nous pouvons réaménager tout cet espace de charme qui regorge de patrimoine historique et donnerait une attraction touristique majeure à la ville de Bastia.

De plus, en tant que pêcheur, je compte vivement sur le projet de réaménagement du Vieux Port qui le valoriserait et nous intégrerait. La ville de Bastia doit se montrer énergique sur ce dossier.


A.N.: Opposez-vous des arguments écologiques au projet de la Carbonite ?

G.R.:
Bien sûr, le maintien d’un équilibre écologique sain est capital pour notre métier. Le projet de la Carbonite détruirait plusieurs centaines d’hectares de posidonies, poumon de la Méditerranée ainsi que d’autres espèces protégées et endémiques de notre patrimoine biologique.

Notre métier a évolué et prend en compte les notions de développement durable. C’est pour ça que nous développons des projets modernes tels que les immersions de récifs artificiels. Le port de la Carbonite représente une réelle entrave aux effets de repeuplement attendus par nos récifs. De même, ce projet est alarmant pour les risques de disparition de la côte sableuse, de la lagune de la Marane et enfin de l’étang de Biguglia.

Il est impossible de prévoir les effets d’un tel chantier sur la circulation des sédiments : nous en connaissons une malheureuse expérience au port de Taverna.

Ainsi, le choix de l’agrandissement du port actuel est bien plus prudent.


A.N.: Vous venez d’évoquer votre métier de professionnel de la pêche, le projet de la Carbonite menace-t-il votre métier ?

G.R.:
OUI. Il ne faut pas oublier que nous avons déjà sacrifié le rocher de Toga et sa plage pour y construire un port de plaisance décevant. Le site de la Carbonite détruirait des zones de pêche capitales pour nos 15 pêcheurs bastiais qui n’ont pas les moteurs suffisamment puissants pour pêcher au-delà de la pointe d’Arco. Notre zone d’exploitation se réduit comme une peau de chagrin au profit du tout tourisme et c’est inacceptable. Pouvons-nous sacrifier le plus vieux métier du monde au profit de 3 compagnies maritimes ?

Le tourisme est une activité économique nécessaire à notre Ile, elle doit cependant être réfléchie et maîtrisée pour ne pas qu’elle s’étouffe. Le site de la Carbonite induit l’apport d’une dizaine de millions de touristes pour l’été : nous ne disposons pas de la capacité d’accueil suffisante pour absorber cette activité. Il faut d’ailleurs réfléchir à ce point : quelle saisonnalité de l’activité ? Comment annualiser les contrats de travail pour pérenniser un équilibre social dans l’Ile ? Quels services développer ? Quels standards ? Comment valoriser nos artisans (pêcheurs, agriculteurs, couteliers…) ?

Si nous ne répondons pas à ces questions, Bastia deviendrait une escale de transit pour la Sardaigne, ce qui est hors de question.