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Articulu di u numaru 2, marzu di u 2007


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LES VINS CORSES: UNE VERITABLE POLYPHONIE



Tout concourt à faire de la Corse un paradis viticole : une île baignée de soleil, où le climat, le relief, les sols et l’histoire sont en harmonie pour former un terroir à nul autre pareil et à donner à ses vins toute sa force et son caractère insulaire.

Les vins de Corse ne sont pas nés en août 1975 dans une cave vinicole de la plaine orientale devenue célèbre par son vin trop sucré !

La viticulture remonte lorsque les Phocéens introduisent la vigne, il y a environ 2500 ans, à Alalia, devenue Aléria, faisant du vignoble corse le plus ancien de tous les vignobles métropolitains. Tombé dans l’oubli à la chute de l’Empire Romain, le vignoble est de nouveau cultivé par les Pisans qui commercialisent le vin local comme vin de messe.

Devenue colonie française par le Traité de Versailles en 1768, la Corse développe son vignoble qui croît jusqu’à 20 000 hectares au milieu du XIXe siècle. Le phylloxéra le ravage et les deux guerres mondiales déciment ses viticulteurs. Ce n’est que dans les années 80 que le vignoble renaît de ses cendres. Planté dans des lieux favorables, il retrouve son identité grâce à la variété des cépages insulaires, à la ténacité et au savoir faire de ses vignerons chevronnés qui allieront tradition et modernité.


Des cépages pas comme les autres

Quatorze variétés dont trois insulaires permettent de composer des assemblages donnant aux vins corses toute leur singularité : le sciaccarellu, le plus corse des cépages insulaires, particulièrement présent dans les parties granitiques de l’île, Aiacciu et Sartè ; le Niellucciu qui a grandement contribué à la réputation des vins de Patrimoniu, région de sols calcaires où il s’épanouit totalement ; on le trouve aujourd’hui aussi en Corse orientale ; le Vermentinu appelé malvoisie de Corse, produisant des vins blancs de haute qualité ; le Muscat à petits grains récolté en Corse n’a rien d’unique puisqu’il est présent sur tout le pourtour de la Méditerranée, en revanche le vin doux qu’il produit, le muscat du Capi Corsu, est particulièrement réussi. Quelques cépages insulaires moins connus continuent de donner des vins typés : Alteicu, Barbarossa, Codivarta, biancu Gentile, Genovese, Riminese. Ajoutons les cépages étrangers comme le Chardonnay, cépage noble donnant les meilleurs vins blancs, le Merlot apportant souplesse et rondeur, le Cabernet-Sauvignon très tannique, le Pinot noir puissant et délicat. Grenache, Syrah, Chenin, Cinsault complètent la palette des cépages offertes aux viticulteurs modernes.


Quel avenir pour les vins corses ?

Aujourd’hui, la surface du vignoble corse est de 7000 hectares et il n’y a aucun vaste programme de plantation en vue, l’heure actuelle étant plutôt à l’arrachage. Ici, nous avons fait notre « révolution culturelle » il y a vingt ans ! Toutefois, il y a un problème de vente dû à la surproduction nationale. Par exemple, les vins de Bordeaux ou des Côtes du Rhône sont vendus 1.50 euro en grandes surfaces, à ce prix aucune marge pour les transports, les bouteilles ou la manutention !

La bouteille de vin corse, niveau premier AOC ou Vin de Pays se vend à 3 euros environ, d’où de grandes difficultés de commercialisation. La grande distribution offre des vins AOC avec 4 ou 5 références sur leurs rayons ; avec des cahiers des charges sévères, le rapport qualité-prix est certain, ce sont des produits de filières. Quant aux caves particulières, elles concernent un réseau caviste, des restaurants haut de gamme ou à thème, ce sont en général des « niches » pour amateurs éclairés. Quant au marché international, à ce jour, les 2/3 de la production sont vendus hors de l’île, 1/3 du volume vers l’Europe du nord : Scandinavie, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Royaume-Uni et pour un moindre volume vers les Etats-Unis, le Canada et le Japon.

Les ventes de vins concernent principalement les blancs, les rouges et bien sûr les rosés, ces derniers assurent 60% des ventes du volume, le rapport qualité-prix étant des plus satisfaisants et c’est aussi une question de symbole estival ! Quant au Muscat, il demeure encore un vin « confidentiel » car il y a peu de demande, par exemple une douzaine de cartons pour les USA !

D’après Monsieur Bernard Sonnet de l’Association C.I.V.C « l’objectif de notre association est de renforcer la présence des vins corses à l’extérieur en proposant des produits de caves moyennes ou plus importantes, et en fidélisant des marchés comme celui des grandes surfaces « haut de gamme ». Fin avril, une convention se tiendra à Aiacciu où 60 acheteurs du monde entier seront reçus par les viticulteurs présentant leur production. Nous avons 450 producteurs y compris importateurs, coopératives et caves particulières. Cette manifestation permettra de créer de l’intérêt pour les vins corses, d’augmenter le volume du marché pour compenser la baisse des ventes sur l’île. »


La Route des Vins

Capi Corsu : on y trouve des cépages traditionnels : Vins blancs doux ou secs toujours remarquables.

Patrimoniu : Inscrit au Gotha des vins AOC. Doit sa qualité au micro climat, au Niellucciu et au Vermentinu.

Côte orientale : le plus vaste vignoble de l’île planté de cépages productifs sans grand caractère. Région des grandes coopératives.

Purto Vecchiu : assemblage de Niellucciu, Sciaccarellu et Grenache donne des rouges élégants, des blancs issus du Vermentinu secs et fruités.

Sartè : Vins étoffés issus de cépages Sciaccarellu, Niellucciu, Barbarossa, Vertimentu.

Aiacciu : Vignoble typique corse où s’épanouit le Sciaccarellu, des rouges aristocratiques ; le Vermentinu donne des blancs floraux.

Lisabetta STUDD